Selma, Ava DuVernay – 2015

selmaAprès le toujours expérimental « L’homme des foules » de vendredi dernier que j’ai « contemplé » dans une salle pourtant loin de regrouper les foules (une douzaine de spectateurs dans la salle, voir ma critique sur ce film), ce soir j’ai fait mieux avec le film « Selma » : 1 seul et unique spectateur dans la salle, me and myself ! Une sacrée expérience donc, limite culpabilisante de se sentir servi sur un plateau, enfin plutôt sur un grand écran, un film pour « soi tout seul ». On se sent un peu comme dans un grand restaurant dans lequel on n’a pas le temps de lever le petit doigt qu’on est déjà servi en vin, en eau, en pain, et accessoirement en plat, ou comme sur une table de massage entre des mains expertes qui vous disent sans vous le dire « détendez-vous ça va bien se passer… ». Encore que je ne sois pas coutumier de ces deux expériences précisément, mais je ne l’étais pas plus en me retrouvant seul ce soir dans la salle, tout est affaire de supposition… Qui plus est, la culpabilité s’atténue vite quand on pense qu’on ne monopolise pas ou qu’on n’exploite pas le malheureux projectionniste qui doit enchaîner les bobines pour le bon plaisir de l’unique spectateur, aujourd’hui tout est affaire d’un clic et de kilo-octets numériques pour projeter le film, vive le progrès ! Bref. Parlons du film, et mettons plutôt cette expérience de solitude cinématographique en regard de son sujet, car cette solitude prend son côté dommageable lorsqu’on la confronte à celui-ci.

Lire la suite

Publicités