Joe SATRIANI / Tonnerre mécanique : un dimanche méga-Watté !

satriani affiche concert toulouse affiche tonnerre mécaniqueAh ! les bons dimanches tranquilles et ensoleillés qu’il fait bon passer au pied d’un arbre dont l’ombre est encore rafraîchissante des rayons des derniers soleils chauds d’un été indien tant aimé…Oui bon ok, c’est vrai que c’est sympa tout ça, mais pas autant que quelques derniers décibels estivaux pour que la bête ne s’endorme pas encore avec l’automne qui s’approche. Alors direction Saint-Sulpice pour un petit rassemblement de mécanique, puis Toulouse pour voir The Master, le Professeur : Joe Satriani himself, mes oreilles sont déjà toutes rouges rien que de penser à tous ces SONS qui s’annoncent. Ouvrez les gaz, allumez les amplis, ça va chauffer !!!

A peine sorti de l’impressionnant rassemblement des Brescoudos au Cap d’Agde il y a 15 jours (l’un des plus grands rassemblement de Harley en France, loin derrière Port-Grimaud dans le Var mais quand même près de 10.000 potatos potatos réunis qui vous réveilleraient presque n’importe quoi), j’avais une envie d’une petite piqûre de rappel. Direction Saint-Sulpice (81) donc pour un petit festival mécanique où les Harleys dominent, mais cette fois avec d’autres noms de prestige (Indians, Victory, Royal endfield), et du moteur en versions 4 roues également (Cadillac, Mustang, Chevrolet, Corvette, et quelques autres objets roulants non clairement identifiés…). Bref, de la tôle, du chrome, du pot, du cuir, des bottes, des chapeaux, des franges, des clous, des bières, du bijou (de famille mais pas que), et tout ce qu’il faut pour en mettre plein les yeux et les oreilles en ce très beau dimanche 20 septembre, et tant pis pour le mauvais goût, dans la masse ça ne se voit (presque) pas. Une belle petite manifestation, détendue, sans plus de prétention que cela, et en tout cas beaucoup plus à taille humaine pour prendre le temps de bien regarder ce qu’il y a à voir sur de belles mécaniques, ici un joli pot, là un filtre à air original, sur celle-ci une selle personnalisée, sur celle-là une fourche démesurée, et quand tout est réunit ça peut donner ça :

IMG_20150920_145105

et en version carrossée :

 voiture

Mais pas le temps de s’endormir (ce qui de toute façon est presque impossible étant donné le volume…), direction Toulouse et le Casino Barrière pour aller voir sa majesté Joe, tout juste le temps sur la route d’admirer les Pyrénées magnifiquement dégagées. Oui je sais, drôle d’idée que de programmer un tel guitariste dans un tel endroit, c’est comme si on programmait Mireille Matthieu au Hellfest (le plus grand festival de « musique » Trash/Metal, autrement dit le plus grand concours à ciel ouvert de cheveux hirsutes). Mais bon passons la coquetterie, ça m’aura au moins permis de mettre les pieds au moins une fois dans ce temple du bling-bling assez démesuré, en me disant qu’une fois les portes fermées (et bien fermées pour pas faire sursauter mamie qui met les « coins » dans les machines à sous quand même…) on aura oublié où on est. Je dois quand même reconnaître que le théâtre qui sert aussi de salle de spectacle est une belle salle niveau acoustique. Dommage quand même que 100% des places soient assises…

Joe Satriani, Steve Vai, Yngwie Malmsteen en 2003 lors d'une tournée commune

Joe Satriani, Steve Vai, Yngwie Malmsteen en 2003 lors d’une tournée commune

Alors je sais, vous allez me dire « mais c’est QUI ce Joe SATRIANI ??? » Si vous connaissez RV au chapitre suivant, sinon voici quelques explications pour justifier que j’y consacre un billet sur le blog. Satriani (« Satch » pour les intimes) fait parti de ces artistes méconnus qui sont pourtant des références dans leur domaine. Ils sont légions ceux qui marquent en effet leur temps sans pourtant laisser de traces aux yeux du grand public (Robert Jonhson pour le blues par exemple), alors qu’ils ont été ou sont encore des sources d’inspiration pour les artistes d’aujourd’hui. Satriani en fait donc parti, mais en plus de l’inspiration musicale, il y a ajoute la dimension technique en étant depuis plusieurs décennies une référence pour les plus grands guitaristes, pour lesquels il a été et reste leur professeur, au sens littéral du terme : Steve Vai (guitariste solo mais aussi pour David Lee Roth le chanteur de Van Halen, le groupe mondialement connu pour son titre « Jump » ndlr), Yngwie Malmsteen, Kirk Hammett de Metallica, Stevie Ray Vaughan, Mick Jagger, John Pettrucci, …ont fait appel à ses services pour perfectionner leur jeu de guitare, ou pour des albums/tournées.

La dernière fois que j’ai vu Satriani, c’était…au siècle dernier, en 1990, à Tours. J’étais jeune étudiant, et cela faisait déjà quelques années que je m’éclatais les tympans sur les aigus de « Not of this earth » (1986), « Surfing with the alien« (1987), « Flying in a blue dream » (1989), avant de découvrir les autres merveilles acoustiques et électriques de  « The extremist » (1992), ou encore « Time machine » (1993). Après j’ai un peu décroché mais j’ai quand même surveillé les productions du maître (« Crystal planet » 1998, « Is there love in space » 2004) etc, soit plus de 20 albums studios ou live (parfois les deux sont associés dans un seul album comme sur « Time machine ») qui ont lui valu d’être le guitariste le plus nommé aux Grammy awards… Mais passons sur les titres de gloire, ce qu’il faut retenir à la lecture de ces titres d’albums, c’est qu’ils sont à l’image du bonhomme : très peu…terriens, jusqu’à son dernier opus sorti cette année « Shockwave supernova« !  Et après tout ça tombe bien, car à le voir jouer comme il joue, on se demande en effet si son inspiration ne vient pas d’ailleurs dans l’univers ou si ce n’est effectivement pas un gentil alien qui est venu nous montrer comment on taquine la guitare quand les doigts sont en apesanteur, car c’est vraiment comme ça que ça en a l’air…

satriani 2Bref, j’étais tout content de me remémorer mes jeunes années étudiantes dans cette minuscule salle tourangelle du « Bateau ivre » (qui existe toujours je crois), lorsque j’en avais pris plein les yeux à quelques centimètres du bonhomme, et les oreilles déjà avec les enceintes à quelques décimètres.  Là je n’étais guère plus loin, ni de l’un, ni des autres, mais les années ayant passées, je craignais un peu pour mes tympans. Mais on ne voit pas Satriani tous les jours alors… Ce n’est pas ce que j’ai retenu des premières secondes, mais plutôt l’agréable sensation que 25 ans après, rien n’avait changé, en tout cas pour lui, mais je prenais un peu de cette fausse impression pour me l’appliquer naïvement… Satriani est toujours le même, baskets noires et hautes (mais à semelles blanches ce qui permet toujours de le reconnaître quand il rentre sur scène dans l’obscurité), jean noir, t-shirt noir, lunettes cintrées noires, et…crâne impeccablement chauve qu’il conserve depuis la sortie de « Flying in a blue dream » en 1989.

satriani 1

Agréable et sympathique de retrouver aussi sa silhouette qui n’a pas pris un gramme, ses gimmicks et ses postures fétiches : les pieds joints, jambes légèrement fléchies, la guitare et le postérieur vers l’avant, le dos en arrière, donnant au tout une courbe arquée comme pour avancer et montrer ce qu’il y a à voir : les doigts virevoltants sur le manche de sa guitare ! Enfin plutôt ses guitares, car il en use le bonhomme, et son compère de scène avec, une quinzaine de merveilles à tour de rôle entre leurs mains pendant tout le concert, de quoi passer tous les genres de sons et de puissances, même si comme toujours, Satriani ne joue que sur Ibanez, qu’on se le dise. Pas de Fender, krammer, Gibson…

satriani groupeSi je n’ai plus trop de souvenirs des musiciens qui l’accompagnaient en 1990, je me souviendrais longtemps de ceux de ce soir ! Une formation à dominante « trash », par le look et l’allure, avec à la basse Bryan Beller, à la batterie Marco Minnemann et au clavier/guitare Mike Keneally (qui joua avec l’immense Franck Zappa). Autant vous dire que ça envoie du lourd, du très très très lourd et du très très costaud !!! Les deux premiers pourraient sortir du plus trash des trash des groupes « Metal » que ça ne m’étonnerait pas. Je suis pas fan, mais là je dois reconnaître qu’ils sont au service de Satriani et que ma foi ça le fait bien ! Quand au dernier, Mike Keneally, sous ses airs de « papy va chercher son pain le dimanche matin comme tout le monde », ok peut-être « comme tout le monde », mais quand l’envie lui prend d’ouvrir le manche, c’est tous aux abris et tant pis si les vitrines de la boulangerie explosent ! Ouahou, faut pas réveiller un ex-zappa qui dort, sinon ça peut donner ça : (désolé pour la qualité du son mais j’ai pas trouvé mieux, accrochez-vous quand même, placez le curseur à la 4è minute pour être sur les solos combinés…)

J’ai préféré les solos qu’ils ont joué ensemble ce soir mais je ne l’ai pas trouvé encore sur la toile. Pour le reste je ne vais pas épiloguer car inutile d’essayer de décrire par les mots ce qui ne peut se comprendre qu’en l’écoutant ou le regardant, si ce n’est dire que chaque morceau est une prouesse technique, Satriani fait chanter sa guitare, glisse et tape alternativement sur les cordes et le vibrato et tout ce qui peut vibrer comme un irlandais enquille les pintes et un mexicain les tacos, ça va dans tous les sens à une vitesse folle, avec une facilité déconcertante, et tout ça sans une goutte de sueur, à croire qu’il a des doigts bio-mécaniques… Satriani reste heureusement Satriani, et son talent c’est aussi de ne pas se cantonner à sa technique irréprochable, mais de l’associer à des mélodies toujours recherchées, quand d’autres restent dans leur acrobatie virtuose sur leurs albums ou sur scène.

Juste préciser pour terminer et pour les connaisseurs que le concert commence et se termine avec 3-4 classiques des premiers albums, d’ailleurs les morceaux sur lesquels le public a le plus réagit. Car c’est un peu le reproche qu’on peut faire à ce génie de la guitare, celui d’avoir réussit avec ses 5 ou 6 premiers albums à avoir développé un style unique et inimitable tant c’est brillant techniquement, mais sans avoir pu aller au-delà par la suite en se « contentant » (mais c’est déjà beaucoup !) de reproduire ce qu’il savait faire sans se renouveler dans les mélodies et les sons, malgré des tentatives plus ou moins réussies ici ou là (quelques morceaux où il s’est essayé au chant mais sans insister, puis des essais d’électroniques sans lendemain également). Il reste malgré tout un répertoire très riche et assez incroyable pour se réjouir d’avoir pu connaître un tel phénomène, avec en plus la sobriété qui va avec, sobriété qui lui permet de s’effacer plusieurs fois pendant le concert pour laisser s’exprimer ses acolytes, notamment le batteur pour un incroyable solo de plus de 10 minutes pendant lesquels il utilisera les moindres parties de sa batterie (toutes les caisses, timbales, vis, pieds y passeront…).

Une fois le concert terminé il ne me restait plus qu’à remonter sur ma moto et rentrer, histoire que mes tympans avalent ce qu’ils pouvaient encore avaler de décibels et de potatos potatos hurlants. Vendredi je vais chez le docteur, j’espère que je ne vais pas avoir un contrôle auditif, sinon je vais avoir une ordonnance pour filer direct chez Audika !

Pour vous faire découvrir Joe Satriani un peu plus, je vous propose quelques morceaux ci-dessous, en y allant crescendo pour ne pas vous faire peur et permettre à vos tympans de s’habituer aux aigus…

On commence avec « Baroque« , issu de « Time machine » 1993 : on trouve dans chaque album ce genre de gammes en guitare solo au son clair, toujours très (trop) courts. Tapez Joe Satriani suivi de Brother John, Midnight, Day at the beach, The forgotten, Tears in the rain, pour les écouter, tous sont magnifiques et reposants (j’en mettrai un à la fin du billet pour vous détendre…). Je regrette qu’il n’en ait pas joué au moins un ce soir, pour bercer un peu mes oreilles.

Ensuite « Always With Me, Always With You« , tiré de « Surfing with the alien » 1987, considéré comme le meilleur album de Satriani. Une superbe mélodie tout en douceur, ce qui n’empêche pas quelques envolées techniques (par exemple peu après la 3è minute), et ici en version live une « petite » improvisation de…5 minutes !

Un titre aux sonorités et au rythme clairement sobres et simples qui permettent de bien entendre le son et la technique pure : « Not of this earth« , de l’album éponyme.

Une superbe mélodie tranquille et un son très clair avec ce morceau « Friends« , tiré de « The extremist » 1992. Des rythmes et passages qui iraient bien sur un hymne national à certains passages…

Ensuite « Flying in a blue dream« , de l’album éponyme en 1989, ça s’accélère un peu et on monte dans les aigus mais ça reste raisonnable. Sur cet album Satriani chante pour la première fois sur 4-5 morceaux, mais c’est pas ce qu’on retiendra de mieux…Le morceau commence au bout de 1’56 :

Encore un peu plus vite et avec une orchestration un peu plus fournie, avec un titre idéal pour ça « Driving at Night« , issu du premier album « Not of this earth » en 1986, tout aussi excellent que « Surfing with the alien » pour moi. Cette fois pas en version live mais dans un très beau montage, on trouve de tout sur le net c’est dingue.

Bon et maintenant on se réveille, on lâche les watts et on fait monter les Marshall, ou votre casque si vous n’avez pas d’amplis Marshall à portée de mains…

Ça commence avec « Satch boogie« , issu du toujours « Surfing with the alien ». Je vous préviens ça envoie, mais au-delà du son, il faut admirer le rythme toujours boogie, et au hasard des solos les techniques utilisées par Satriani. Et une version live qui vient tout droit de la chaîne youtube de l’artiste donc c’est très bien filmé, et avec la composition du groupe que j’ai pu voir.

Encore plus rapide, si si c’est possible ! « One big rush« , tiré de « Flying in a blue dream »

Un soupçon plus calme mais quels rythme et mélodie, et puis le titre me parle : « Motorcycle driver » (promis maman je roule pas aussi vite qu’il joue…), tiré de « The extremist » 1992

Et enfin, enfin, le mythique « Surfing with the alien« , considéré comme LE morceau de Satriani.

Allez chose promise chose due, on se calme avec un dernier petit bijou pour essayer de se rendormir. « A day at the beach« , de « Flying in a blue dream »


Allez pour finir en synthèse, un morceau en 2 parties, « The forgotten part 1 et 2 » réunis ici, issu de « Flying in a blue dream » également. Le premier est comme le précédent une gamme claire, puis la partie 2 qui commence très tranquillement avant de s’accélérer et qui permet d’avoir un aperçu de toute la panoplie de Satriani dans les sons et les techniques.

Bonne nuit, bonnes écoutes, bonnes découvertes à vous ! Quant à moi je vais me mettre un peu de Chopin pour rassurer mes oreilles.

La tournée de Satriani se poursuit dans toute la France, n’ayez pas peur, allez-y, avec des boules quies si besoin.

Liens utiles :

La chaîne youtube de Satriani : https://www.youtube.com/user/websatch

Le site officiel : http://www.satriani.com 

Un article/interview de La Dépêche du midi sur Satriani, assez synthétique sur l’artiste, dans lequel il évoque Jimi Hendrix, David Gilmour, Bob Dylan, Neil Young, bref on est « entre Grands » : http://www.ladepeche.fr/article/2015/09/19/2180555-joe-satriani-guitare-prefere-audace-virtuosite.html

 

 

Publicités

4 réflexions sur “Joe SATRIANI / Tonnerre mécanique : un dimanche méga-Watté !

  1. Merci pour ce retour quelques 20 ans en arriere, a l’epoque ou l’on decouvrait Joe Satriani.
    Il a perdu ses cheveux (comme d’autres…) mais n’a rien perdu de sa technique et son talent. J’ai particulierement apprecie le Satch Boogie, un de mes morceaux preferes. Enorme sur scene, ca sent effectivement bon le Mashall. J’ai eu d’ailleurs l’occasion de rejouer « electrique » sur un gros 2 corps avec mes potes il y a quelques jours, mais j’avoue que moi j’ai un peu plus perdu…
    Cyrille G.

    J'aime

    • fais pas le modeste, à part les cheveux (comme lui !), je suis certain que t’as pas perdu grand chose d’autre. et oui « satch boogie » c’est probablement le morceau qui m’a rendu le plus sourd pendant le concert. bonne zik et bon dimanche dans ce contexte si dur.

      J'aime

  2. Evidemment, je n’ai pas trop aimé les morceaux « mécaniques et rapides » quoique moins pire que ceux joués parfois par d’autres groupes de musiciens … mais j’ai bien aimé les morceaux lents (temas tranquilos – quiets song) qui sont reposants et où l’on trouve une mélodie. Dans les morceaux rapides j’ai reconnu néanmoins un morceau entendu un jour sur les ondes mais sans me préoccuper de qui l’exécutait, et bien c’était lui.
    Quant au morceau « motorcycle driver » s’il te parle à toi, il me parle évidemment encore plus à moi et j’espère que tu mets en pratique ce « PROMIS MAMAN , JE NE ROULE PAS AUSSI VITE QU’IL JOUE » et j’espère aussi que tu n’écoutes pas ce morceau en roulant sur ta moto ! !!!! (de toute façon tu n’entendrai pas, elle fait trop de bruit !!)

    J'aime

  3. Pingback: Tous les avis en un clin d’œil… | Charlie et la fourmilière

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s