Des hommes, Laurent Mauvignier, Les éditions de minuit, 281p. – 2009

des hommesDans son numéro anniversaire (40 ans) du mois de juin, le magazine Lire cite 40 noms d’écrivains français représentant la littérature française actuelle. Parmi ces noms, celui de Laurent Mauvignier. Drôle de hasard, car j’étais précisément en train de terminer son roman « Des hommes« , paru en 2009. Je ne connaissais pas cet écrivain avant d’ouvrir ce livre, et sans pouvoir prétendre, faute de connaissances assez étendues sur le sujet de la littérature s’il mérite sa place avec les 39 autres cités sur cette page de couverture, je peux malgré tout dire que son style signe incontestablement de son originalité le fond du sujet qu’il aborde, et ça a été pour moi une découverte, certes lente, au rythme du livre, mais passionnante. Merci à celui qui se reconnaîtra en lisant ces lignes de m’avoir mis entre les mains ce roman.

Après ma lecture éprouvante mais ô combien bouleversante et passionnante de « Naissance » de Yann Moix, j’ai eu besoin de m’aérer les neurones avec des livres plus légers, plus classiques. Quelques-uns ont fait l’affaire (« Religion » de Tim Willocks, « Soumission » de Houellebecq, « L’incroyable histoire de Wheeler Burden » de Selden Edwards, quelques autres et quelques essais d’actualités également ont rempli leur office de distraction à travers leurs histoires chevaleresques, politiques, romanesques, polémiques…), pour me remettre dans les conditions d’une lecture plus fouillée et de découverte. Le sujet de « Des hommes » laissait présumer en effet une disponibilité entière, puisqu’il s’agit de traiter de la guerre d’Algérie. Je n’ai jamais lu je crois de livres ou de romans traitant du sujet, il faut dire que la littérature, côté français, est plutôt intimiste sur ce sujet, et il en est de même pour le cinéma ou les autres arts. J’étais donc curieux, mais aussi un peu craintif, à l’idée de devoir lire quelque chose dont je craignais qu’il ne représente sous une forme ou une autre un certain nombre de clichés ou de parti-pris qui se reproduisent à l’envie sous couvert d’histoires personnelles sensées incarner une certaine forme de représentation de l’Histoire, puisqu’en ce qui me concerne, je ne peux me référer à l’Histoire de cette guerre qui n’a jamais dit son nom qu’au travers de ce qu’on m’en a appris au lycée, à  ce que j’en ai vu à travers tel ou tel documentaire ou les rares fictions écrites ou filmées (même si récemment plusieurs films ont abordé le sujet, mais toujours hélas sous un angle très factuel).

Autant le dire tout de suite, le début du livre m’a complètement désorienté. Quand je dis « début », il faut comprendre la première moitié, qui correspond aux deux premières parties du roman, intitulées « Après-midi » et « Soir ». « L’histoire » se passe en France, dans un village de campagne profonde, Bernard (dit Feu-de-bois car il vit comme un ermite et ne se chauffe qu’au bois), s’invite dans une soirée guindée pour offrir un bijou d’une grande valeur à sa soeur. Parmi les convives, tous surpris de voir cet individu aux allures de clochards s’incruster dans la soirée, Rabut (son cousin) est le plus étonné. Avec l’apparition de Feu-de-bois, ce sont les souvenirs enfouis dans sa conscience depuis plus de 30 ans qui vont craqueler, cisailler sa posture et qui vont le conduire à s’interroger sur le sens de cette apparition, en même temps que sur le sens des vies de ceux qu’il a connu, là-bas (en Algérie). Si j’ai été déboussolé par le début du livre, ce n’est pas par cette apparition, mais par la façon dont elle est racontée, par le style utilisé, qui porte en lui tout le sens du livre, même s’il m’a fallut du temps pour comprendre et accepter cette forme narrative.

Car l’auteur ne raconte pas les choses, il ne les explique pas. Les phrases ne sont pas que suppositions, suggestions, invitations, sous couverts de descriptions d’un bracelet qui tombe sur le poignet suspendu au-dessus d’une table remplie de coupe de champagne. On se concentre sur les gestes, les regards, les questions, l’histoire, les histoires s’immiscent et diffusent petit à petit en nous leur petite vérité insignifiante sans qu’on puisse y trouver un tout. Tout est sous-entendu, tension, mais rien n’est dit, rien n’est expliqué, jusqu’à la négation des voix, au retrait des tirets introduisant un dialogue, tout étant confondu dans le corps des phrases du contexte. La ponctuation est au service de ce style homogène ou tout est lié avec tout, et seule l’attention du lecteur permet de discerner ce qui est du récit de ce qui est du parlé. Les non-dits succèdent aux paroles, les suppositions aux faits. Les temps utilisés jouent aussi avec le lecteur, le conditionnel présent pour introduire le doute et les interprétations sur les pensées des uns et des autres. Le passé composé et passé simple alors qu’il s’agit de décrire des scènes « présentes », le conditionnel passé pour renvoyer à des possibles qui ne viendront pas, à des destins de là-bas qui sont et qui se croisent avec les destins d’ici. Tout se mêle, se confond, tout est projection, interprétation, comme si l’auteur voulait démontrer quelque chose sans jamais vraiment le dire, comme si les histoires individuelles étaient en permanence en survol, en apesanteur, en sustentation  de leur propre Vérité, pour ne jamais la toucher, la ressentir.

Aussi, quand Feu-de-bois, une fois rentré chez lui, s’en prend à une famille de harkis à leur domicile, c’est tout un village et ses représentants qui s’interrogent sur le sens de cet évènement, qui fait figure de tremblement de terre pour la communauté (et pour le lecteur qui sort alors de plusieurs dizaines de pages mystérieuses). Le roman se rapproche alors d’un récit classique, celui d’une intrigue à résoudre, à comprendre, pourquoi Feu-de-bois s’en est pris à Lui, à Eux, quel lien y a t-il, il faut comprendre, il faut se réunir… Pourtant ce n’est qu’un artifice, car alors qu’on se prend à espérer trouver nous aussi les raisons de cet évènement, la deuxième partie bascule radicalement dans le passé, avec les deux derniers chapitres « Nuit » et « Matin ». On se retrouve en Algérie, avec Feu-de-bois, alors encore Bernard, Rabut, Février, et quelques autres personnages français, algériens, soldats de l’indépendance ou futurs harkis. On y découvre la vie quotidienne en caserne, lente, monotone (qui renvoie au « Désert des tartares » de Dino Buzzati), écrasée par le soleil, et tout juste perturbée par quelques sorties dans les villages pour chercher le fell invisible. Dans ces conditions, sortir en mission est un espoir de briser ce vide, partir en permission est un rêve de revenir à une vraie vie qu’on a laissé là-bas (au village), avec l’aimée dont l’image trouble ne fait que vous renvoyer à la crainte qu’elle ne vous ai oublié, comme tous les autres.

C’est vraiment à partir de « Nuit » qu’on comprend le sens du livre, et que l’histoire en tant que telle passe au second plan pour laisser la place à la vraie ambition de Laurent Mauvignier. Celle de d’expliquer l’impossibilité du partage, du témoignage, de la confidence, tout étant refoulé par la continuité des vies de celles et ceux qui sont restés au pays, celles et ceux qui ne verront , n’entendront et ne vivront jamais ce que eux ils ont vu, entendu, vécu. Pour mieux montrer ces impossibilités, l’auteur ne fait que suggérer les choses sans jamais les dire, que ce soit à travers ses personnages qu’à travers les évènements, jamais vraiment situés, ni dans le temps ni dans l’espace. Des personnages sombres, flous, titubants, hagards, qui évoluent dans la peur des regards, la peur des lendemains ici, la peur des hier de là-bas peut-être à jamais perdus, la peur des incertitudes. Mais jamais rien n’est dit, même les descriptions des assassinats, des tortures, se font par flashs au milieu de considérations narratives, comme pour ne jamais les mettre au centre du récit, mais, sans pour autant les nier, les placer dans un fond qui vient tapisser les pensées des personnages et du lecteur, et petit à petit constituer inconsciemment le décor tendu de l’œuvre.

Et c’est vraiment ça que j’ai apprécié dans le livre, d’avoir réussi uniquement à travers le style d’écriture à incarner les silences, les inconscients, les non-dits, qui, plus d’un demi-siècle plus tard, continuent à resurgir des abimes, à résonner, à se montrer comme des fantômes dans d’autres évènements et d’autres quotidiens d’ici ou de là-bas, comme un héritage jamais écrit et bien plus fort que toutes les censures officielles. Laurent Mauvignier montre que les « évènements » ne sont jamais sortis de leur état primaire, des faits qui, pris les uns après les autres, n’ont fait que constituer un « décor », romanesque pour l’auteur, historique pour les historiens, mais sans jamais aller vers le partage d’une conscience collective, comme si pour l’auteur comme pour les Etats , les nations, il avait été impossible, au-delà des Accords, des traités, des volontés de « réconciliations » et des tentatives  de « repentances », de mettre des mots, des dialogues, des pardons, des sens sur cette (non)-Histoire, qui elle, qu’on le veuille ou non, a bien été partagée. Finalement la beauté du livre réside dans toute cette compilation de silences, qui résonnent avec fracas dans notre inconscient de lecteur et de citoyen. Inconscient dont le livre dénonce dénonce aussi la continuité à travers les hypocrisies et les non-dits qui perdurent encore comme autant de reproduction de ce qu’on ne saurait voir ou entendre. C’est enfin un livre qui laisse l’Histoire dans nos placards sombres et qui nous renvoie à nos seules possibilités d’imaginaires pour essayer de comprendre et de nous représenter cette période tragique du passé, qu’il semble toujours impossible de raconter, et la forme du roman choisie par l’auteur était probablement la plus efficace pour restituer cette impossible quête de vérité. Un roman qu’il serait très délicat d’adapter en film, car les images risqueraient de gâcher ces efforts d’incertitudes et de troubles que seuls permettent les espaces entre les mots et les phrases. Un roman dont la terreur trouve sa force et sa place dans le troublant équilibre des silences.

Je vous souhaite une bonne lecture du passé, à travers quelques extraits ou en lisant le roman en entier.

Extraits :

« Ils n’ont pas eu à attendre longtemps.

Bon anniversaire, a t-il dit. Et la main gauche qui est venue vers celle de Solange, les gros doigts roses et secs, boursouflés mais aussi blessés, usés par le froid et les travaux qu’il faisait toujours sans gants, soudain saisissant la main de Solange et la ramenant  vers son autre main à lui. Comme pour que personne ne voie.

Et, cette fois, il lui a encore souhaité un bon anniversaire, mais en souriant, la voix si faible et tremblante qu’on ne l’a pas entendue vraiment, jute devinée sous celles qui parlaient, plus loin, des enfants qui criaient en jouant et en courant, et les trois vieilles assises là-bas, sur les chaises en plastique gris, près du chauffage, qui caquetaient en grelottant. Puis ce silence et cet étonnement lorsque Solange a baissé les yeux sur la boîte, reconnaissable par son format mais aussi parce qu’on pouvait y lire, en lettres d’or, le nom de la famille Buchet, horloger-bijoutier depuis des générations.

Elle a regardé son frère sans oser ouvrir la boîte. Sur son visage, avant tout, elle a laissé l’incrédulité se répandre, s’étendre sur chacun de ses traits et laisser son empreinte, longtemps, très profondément. Et parfois elle se mettait à sourire (c’était presque un rire, même, lorsqu’elle tournait son regard vers les autres, vers ceux ou celles qui étaient tout de de suite à ses côtés, ou au contraire un peu plus loin, comme moi, derrière un groupe de quelques-uns qui avaient arrêté tout mouvement, toute parole, et tenaient tout à coup en l’oubliant, leur verre dans la main, une cigarette).

Bon, ouvre, Solange.

Je crois que c’est à ce moment-là qu’elle a envisagé tout ce qui avait dû se produire pour qu’on en arrive là, à ce moment précis de tenir dans sa main la boîte d’un bijou – parce que, pas de doute, c’était un bijou – qu’elle n’osait pas ouvrir, parce qu’elle savait non pas ce qui s’y trouvait mais les conséquences, les doutes, les risques, la peur déjà, je suis sûr, il suffisait d’entendre, de voir, de regarder comment le silence était à la fois poreux et épais, traversant dans la salle des fêtes les fumées de cigarettes et les souffles des invités.« 

_____________

« Et puis.

Parce que Chefraoui tout à coup était là, devant lui, dans son champ de vision. Comme une image impossible venue brouiller le réel. Chefraoui souriait ou ne souriait pas, peu importe. On ne peut pas savoir. On sait déjà. On sait depuis tout le temps. Depuis, je veux dire, depuis – c’est autre chose, ce temps-là. Une chose comme ça, que je pense, qui vient se glisser et brouiller ce moment de notre histoire où tout à coup elle est là, comme un compte à régler vieux de quarante ans, un âge d’homme pour nous regarder et nous dire non, ce n’est pas fini, on croyait que c’était fini mais ce n’était pas fini.

Puis la voix de Feu-de-bois qui a dit très fort, interpellant Solange,

Et lui, lui, il peut être là. Il a le droit d’être là, le. Il a le droit et moi, alors que moi.

Solange a laissé retomber sur la table les choses qu’elle tenait, on a entendu le choc de l’Inox sur la planche épaisse qui a vibré sur les tréteaux.

Bernard, arrête.

Et lui il peut être là. Lui, le.

Arrête.

Le bougnoule –« 

_____________

« Et Rabut peut bien se retrouver assis au fond de son lit, avachi, le corps avachi par les années et la famille, tous ces mariages, ces naissances, ces communions et ces gueuletons avec les anciens d’Afrique du Nord, les méchouis, la nostalgie de quelque chose perdu là-bas, peut-être la jeunesse, parce qu’à force, peut-être on embellit même les souvenirs qu’on préfèrerait oublier et dont on ne se débarrassa pas, jamais vraiment ? Alors on les transforme, on se raconte des histoires, même si c’est bon aussi de savoir qu’on n’est pas tout seul à être allé là-bas, et, de temps en temps, pouvoir rire avec d’autres, quand la nuit c’est seul qu’il faut avoir les mains moites et affronter les fantômes« .

_____________

« Sauf qu’au fur et à mesure, la colère monte, et bientôt on est très agacés, tous, pas seulement parce qu’on a soif, qu’on transpire déjà et qu’on n’en voit pas le bout. Mais on sent que c’est une provocation et on ne sait pas y répondre, on est piégés, on imagine les fells quelque part en embuscade, en train de rire de nous, on les imagine -comme toujours on les imagine puisqu’on ne les voit jamais, et la colère n’y peut rien, juste nous donner l’énervement supplémentaire pour en finir plus vite et dégager la route très vite en gardant pour soi l’envie de hurler à ce pays tout entier, à la caillasse, aux broussailles et aux oliviers, au vent aussi, à la mer, à tout, le ciel, les ronces, les touffes d’herbe, comme si tout nous regardait et rigolait avec les fellouzes« .

_____________

« Et moi, moi comme les autres j’ai lu le journal et j’ai vu dans le journal que c’était fini, que l’Algérie n’était plus française, que la guerre était perdue, mais personne dans le bar n’a jamais fait allusion à ça. Il y a les vieux qui jouent à la belote. Il y a la chaleur et la question de savoir s’il y aura assez de fourrage tout l’été.

Moi quand je vais au bistro, les gens qui ne m’ont pas vu depuis longtemps me regardent et me disent que j’ai maigri et que maintenant j’ai l’air d’un homme.

Oui, c’est ça, je suis un homme.

Ils demandent comment c’était l’Algérie, et parfois ceux qui s’intéressent disent que c’est dommage, tout ça pour rien. Mais quand même ils sont contents que tout soit terminé et puis. Et puis ils passent à autre chose,

Comment vont tes parents et deux bras de plus pour les foins ça va leur faire du bien. »

____________

« J’ai regardé les photos avec leurs bords légèrement crénelés, et j’ai passé la pulpe de mes doigts sur les cadres blancs en bas-relief qui soulignent le tour de l’image, et à ce moment-là, j’ai pensé qu’en Algérie j’avais porté l’appareil photo devant mes yeux seulement pour m’empêcher de voir, ou seulement pour me dire que je faisais quelque chose de – peut-être, disons – utile.

Après, je n’ai plus jamais fait de photographies.« 

____________

« Ne pas réfléchir et reprendre le bol que j’avais mis dans l’évier. Puis regarder l’eau du robinet couler dans le bol. Le remplir et laisser l’eau déborder et ressortir en jaillissant comme une fontaine. Et alors nettoyer le bol, le rincer, réchauffer ses mains sous l’eau chaude et l’essuyer avant de le tendre à Nicole. Elle, je ne l’ai pas regardée, sans doute elle savait à quoi je pensais.

Et pourtant, est-ce que je lui ai raconté des choses de là-bas ? Est-ce que quand je suis revenu de là-bas j’ai pris le temps de dire.

Nicole, tu sais, on pleure dans la nuit parce qu’un jour on est marqué à vie par des images tellement atroces qu’on ne sait pas se les dire à soi-même.« 

____________

« Peut-être que ça n’a aucune importance, tout ça, cette histoire, qu’on ne sait pas ce que c’est qu’une histoire dans qu’on n’a pas soulevé celles qui sont dessous et qui sont les seules à compter, comme les fantômes, nos fantômes qui s’accumulent et forment les pierres d’une drôle de maison dans laquelle on s’enferme tout seul, chacun sa maison, et quelles fenêtres, combien de fenêtres ? Et moi, à ce moment-là, j’ai pensé qu’il faudrait bouger le moins possible tout le temps de sa vie pour ne pas se fabriquer du passé, comme on fait, tous les jours ; et ce passé qui fabrique des pierres, et les pierres, des murs. Et nous on est là maintenant à se regarder vieillir et ne pas comprendre pourquoi Bernard il est là-bas dans cette baraque, avec ses chiens si vieux, et sa mémoire si vieille, et sa haine si vieille aussi que tous les mots qu’on pourrait dire ne peuvent pas grand-chose.« 

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Une réflexion sur “Des hommes, Laurent Mauvignier, Les éditions de minuit, 281p. – 2009

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